Correspondances impressionnistes


Pascal Bonafoux
Diane de Selliers


Restituer l’instant : tel est le credo impressionniste. Au-delà de cette volonté commune, les regards diffèrent. Ceux des peintres eux-mêmes, de leurs soutiens et de leurs contempteurs. Loin d’être un groupe uniforme ou une Ecole, les artistes qui constituèrent la première exposition impressionniste – chez Nadar au 35, boulevard des Capucines en 1874 – n’en restèrent pas moins longtemps solidaires et fidèles à une certaine idée de la diversité. Ils se confrontèrent en modernes à l’esprit de l’époque, et suscitèrent de nombreuses réactions parmi leur public. Les visionnaires d’hier étant devenus les classiques d’aujourd’hui, leur sensibilité d’alors a imprégné les mentalités au point de les faire changer : Pascal Bonafoux, éminent historien de l’art et spécialiste de la période, précise cette aventure à la lueur des textes d’écrivains ou de critiques prestigieux qui furent leurs contemporains (les frères Goncourt, Mirbeau, Barbey d’Aurevilly, Baudelaire, etc.). Cette conversation avec les œuvres, la plupart familières, certaines moins connues, renouvelle l’approche de ce mouvement. “J’ai la sensation nette et profonde de manger le monde avec mon regard”, telle est la formule employée en 1886 par Guy de Maupassant, dans un esprit proche de cette révolution picturale – où l’on voit par-delà l’Appris. Le plaisir de la lecture complète – et n’occulte pas – la beauté de la peinture impressionniste, “sens exact des choses”, écrit Emile Zola.

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