Les années 80. L’insoutenable légèreté.

Les années 80. L’insoutenable légèreté. : Florence Paradeis - Sans titre - Série 1 : 1988-1989, 1988. Epreuve chromogène collée sur aluminium. 100 x 120 cm. Centre Pompidou, Paris © Centre Pompidou / G.Meguerditchian / Dist. RMN-GP © Florence Paradeis    Les années 80. L’insoutenable légèreté. : Bonnot Agnès - (Sans titre), 1982. 40,2 x 26,4 cm. Epreuve cibachrome. Centre Pompidou, Paris Centre Pompidou / P.Migeat / Dist. RMN-GP © Agnès Bonnot / Agence Vu’    Les années 80. L’insoutenable légèreté. : Karen Knorr Gentlemen, 1983. Épreuve gélatino-argentique datant de 2007. Centre Pompidou, Paris © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP © Karen Knorr    Les années 80. L’insoutenable légèreté. : Paul de Nooijer. Electriclawnmowingiron, [Fer électrique à tondre le gazon], 1977. Epreuve gélatino-argentique rehaussé de peinture. Centre Pompidou, Paris © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP   


L'exposition


À travers l’instantané de ses Polaroïds, ses grands formats et sa couleur, les années 1980 et sa génération X ne voient pas naître de nouvel idéal, ni même la poursuite des volontés antérieures, mais détournent plutôt d’anciennes traditions par l’ironie, l’humour et l’apparat. Le département des photographies du Centre Pompidou a extrait de ses collections une soixantaine d’images et de films de cette époque, souvent dépeinte comme une décennie semée d’artifices et le tournant d’un capitalisme prospère. La gentrification des mœurs des classes moyennes occidentales et le statu quo politique sont alors retranscrits, parfois avec dépit, par toute une jeune génération d’artistes. Dans leurs mises en scènes, Karen Knorr ou Martin Parr se jouent des codes et des conventions de l’ « homme moyen », pendant que Agnes Bonnot saisit les détails – texture, accessoire, couleur – qui fondent les nouvelles appartenances. De l’individu à l’individualisme, l’art du portrait se réaffirme sous le regard kitsch et baroque de Pierre & Gilles ou la sculpturale Grace Jones de Jean-Paul Goude. Les commissaires de cette présentation ont donc retenu l’emprise de la mode dans leur évocation, et c’est « naturellement » que le renouveau du statut social redonne vie au portrait d’apparat avec ici Clegg & Guttmann ou David Buckland. Fiction et dénaturation bercent ce paysage artistique qui déguise les penchants du post-modernisme et introduit le spectateur – tel un voyeur – dans le décor, où il voudrait être présent. S’y joue nostalgie, sarcasme et panache, comme peuvent l’être les quotidiens romancés de Kundera.

Charlène Rioux

Quand


24/02/2016 - 23/05/2016

Les artistes


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